Francis Bacon, Monaco et la culture française

Grimaldi Forum Monaco
2 juillet – 4 septembre 2016

Le Grimaldi Forum Monaco a consacré son exposition estivale 2016 (du 2 juillet au 4 septembre) à « Francis Bacon, Monaco et la culture française », dont le commissariat a été confié à Martin Harrison, auteur du catalogue raisonné du peintre britannique. Cet événement, donnant à découvrir plus d’une soixantaine d’œuvres, a été réalisé avec le concours de la Succession Francis Bacon, à Londres, et de la Francis Bacon MB Art Foundation, à Monaco. Cette dernière a soutenu l’exposition en prêtant trois tableaux et une série de photographies, et a également proposé le nom du commissaire. Elle a en outre coédité à cette occasion avec Albin Michel l’ouvrage Francis Bacon, la France et Monaco.

Le Grimaldi Forum Monaco invite le public à découvrir l’œuvre de Francis Bacon sous un angle inédit : celui de l’influence de la culture française et de sa période monégasque. Sont ainsi présentés des triptyques majeurs, des tableaux parmi les plus significatifs de l’artiste, ainsi que d’autres moins connus, regroupés par thématiques et se référant directement ou indirectement à la France et à Monaco. L’une des particularités de cette exposition est d’offrir un regard croisé destiné à montrer les œuvres fondatrices des maîtres ayant inspiré Francis Bacon : Alberto Giacometti, Fernand Léger, Jean Lurçat, Henri Michaux, Chaïm Soutine, ou encore Henri de Toulouse-Lautrec.

La sélection des œuvres, issues de collections publiques et privées, s’est opérée avec le désir de démontrer toute l’éloquence et la puissance de la peinture de ce « monstre sacré ». Parmi les grandes institutions prêteuses, citons la Tate Britain et l’Arts Council Collection, à Londres, l’Art Gallery of New South Wales, à Sydney, ou le Centre Pompidou, à Paris.

Francis Bacon s’est fortement imprégné de la culture française dès son premier séjour parisien, à la fin des années 1920. Au printemps 1927, alors âgé de 17 ans, il s’installe à Chantilly, où la famille Bocquentin l’accueille et lui enseigne le français. La même année, au cours d’une exposition à la galerie Paul Rosenberg, à Paris, il découvre les peintures de Picasso, qui vont forcer sa vocation.

En juillet 1946, après avoir vendu son tableau Peinture 1946 à Erica Brausen, qui deviendra sa marchande deux ans plus tard, Bacon quitte Londres pour la Principauté, où il s’installe jusqu’au début des années 1950. C’est à Monaco qu’il peint son premier « pape », inspiré principalement du Portrait du pape Innocent X de Vélasquez, et qu’il commence à concentrer son travail sur la forme humaine. Il s’agit d’une étape décisive dans son œuvre, qui l’amènera plus tard à être reconnu comme l’artiste figuratif le plus énigmatique de l’après-guerre.

Tout au long de sa vie, Bacon n’a cessé de séjourner à Monaco et dans le sud de la France. Dans les années 1950 et 1960, il y reviendra souvent avec son cercle d’amis de Soho et de Wivenhoe. Au cours des deux décennies suivantes, on l’y apercevra surtout avec ses amis parisiens et avec John Edwards, qui fut à la fois sa « muse » et son compagnon. En 1974, Bacon prend un atelier-appartement à Paris ; il y emménage en 1975, et le gardera jusqu’en 1987. Il y peint de nombreux tableaux et les portraits de ses amis fréquentés dans la capitale, notamment Michel Leiris et Jacques Dupin.

Bien que deux rétrospectives lui aient été consacrées de son vivant à la Tate Gallery, en 1962 et en 1985, celle du Grand Palais, à Paris, en 1971, est considérée comme l’événement le plus important de sa carrière. Seul Picasso avait eu le privilège de se voir offrir une rétrospective de son vivant dans cette incontournable institution, en 1966.

« Francis Bacon, Monaco et la culture française » a bénéficié d’une itinérance, recentrée sur les relations de l’artiste avec l’Espagne, programmée au Guggenheim Bilbao, du 30 septembre 2016 au 8 janvier 2017, sous le titre « Francis Bacon : de Picasso à Vélasquez ».

À noter que l’exposition du Grimaldi Forum Monaco a été le premier événement d’envergure organisé sous l’égide de la Francis Bacon MB Art Foundation, inaugurée à Monaco le 28 octobre 2014.