ÉCOLE DU LOUVRE-2021

UN PROJET D’EXCEPTION POUR L’ÉCOLE DU LOUVRE

Entretien avec Claire Barbillon

Directrice de l’École du Louvre

Pourquoi de grands travaux à l’École du Louvre en 2021 ?

Si l’École bénéficie de locaux exceptionnels, réalisés en 1998 sous la direction d’Antoine Stinco dans le cadre du projet Grand Louvre, près d’un quart de siècle après ce réaménagement d’envergure, de nouveaux et impérieux besoins se sont fait sentir.

Des besoins liés à la croissance même de l’École, aux évolutions pédagogiques, aux transformations des pratiques étudiantes, au déploiement de la recherche et au développement continu des technologies numériques dans les domaines de l’enseignement et de la bibliothéconomie.

C’est fort de ces constats que le projet ÉCOLE DU LOUVRE 2021 s’est constitué, avec le réaménagement de la bibliothèque et des services connexes, la création d’un centre de recherche et la rénovation de la cafétéria.

Une nouvelle bibliothèque ?

La bibliothèque de l’École du Louvre, installée dans son niveau bas, a été conçue comme une traditionnelle bibliothèque d’étude et de recherche à la fin du siècle dernier et doit être repensée comme un complexe d’étude et de recherche contemporain au cœur de l’École et de sa pédagogie.

Chacun sait, en commençant des études à l’École du Louvre, qu’il va fréquenter les salles de cours et celles des musées. L’aller et retour entre les deux est notre « ADN ». Mais la bibliothèque est en fait le troisième lieu fondamental de la vie d’un élève de l’École, c’est plus qu’un passage obligé, c’est le lieu de l’autonomie intellectuelle, enrichissant l’approche sensible des œuvres par les lectures et les recherches qui permettent de comprendre en profondeur ce que l’on voit, de compléter les cours, les travaux-dirigés, les séminaires…

Mais aujourd’hui, une bibliothèque, n’est plus seulement un endroit où l’on lit. C’est à la fois encore tout à fait cela et beaucoup plus. Les bibliothèques actuelles, dans les contextes universitaires internationaux, doivent offrir des espaces de consultation multimédia, un accès libre aux livres, des outils de recherche digitaux dédiés, la possibilité de travailler à plusieurs, de s’isoler… le tout dans des espaces ergonomiques, esthétiques et écoresponsables. C’est le projet de l’Ecole du Louvre.

Prolongement de la restructuration des espaces documentaires, le réaménagement des services documentaires et informatique est également intégré dans le programme des travaux pour leur donner les moyens de leur développement dans des espaces adaptés.

Un centre de recherche à l’École du Louvre ?

La recherche est indissociable de l’enseignement. Tout établissement d’enseignement supérieur les relie, et ma conviction intime, moi qui ai été longtemps enseignante-chercheuse, est que l’on ne donne jamais un meilleur cours que lorsqu’il est issu de la recherche que l’on conduit parallèlement. Mon prédécesseur, Philippe Durey, a eu la conviction qu’il fallait renforcer la visibilité de la recherche au sein de l’École, une recherche spécifique conduite au plus près des collections de musée, des biographies d’objets, de la muséologie… Il a créé une équipe de recherche qui s’est développée, non seulement en animant des projets de recherche, avec de nombreux partenaires, mais en accompagnant les doctorants, par des ateliers méthodologiques, des séminaires d’actualité, du suivi individuel… Je souhaite qu’un nouveau pas soit franchi en créant un véritable Centre de recherche, avec bureaux et capacité d’accueil de chercheurs étrangers. Cela donnera une dynamique supplémentaire au développement des projets !

Une cafétéria

Enfin, pas de vie d’une communauté, d’élèves, d’auditeurs, d’enseignants et de chercheurs sans rencontres informelles, et pas de lieu plus adapté, pour cela, qu’une cafétéria ! La nôtre est très fréquentée, très appréciée, mais nous considérons que son aménagement peut être amélioré. Nous ne la transformerons jamais, pour des raisons de place, en un espace de véritable restauration, mais le projet est d’en faire un « tiers lieu » original, fortement connecté, ouvert sur de nombreux échanges et usages alternatifs.

Et comment financer un tel projet ?

Un tel projet n’aurait pu voir le jour sans le soutien d’un mécène.

Ainsi dans cet ambitieux programme de travaux, le réaménagement de la bibliothèque et la création du Centre de recherche, a été rendu possible grâce à M. Majid Boustany, fondateur et président de la Francis Bacon MB Art Foundation, avec le plus important soutien jamais alloué à une institution d’enseignement du ministère de la Culture.

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