Francis Bacon 1909-1992

Cliquer sur les titres ci-dessous pour explorer certaines périodes importantes de la vie de Bacon.

Enfance en Irlande et en Angleterre
1909–1925
Bacon avec sa mère, vers 1914

Francis Bacon naît le 28 octobre 1909 dans une clinique de Dublin au 63 Lower Baggott Street. Son père, Anthony Edward (« Eddy ») Mortimer Bacon, est un capitaine à la retraite de l'Infanterie légère de Durham qui démarre une nouvelle carrière en tant qu’entraîneur de chevaux. Sa mère, Christina Winifred Loxley Bacon (née Firth), est l’héritière d'une fortune provenant d’une entreprise familiale spécialisée dans la sidérurgie.

Le père de Bacon vainqueur à l’hippodrome de Punchestown, en 1910

Tous deux anglais, les parents de Bacon vivent à Cannycourt House, dans le Comté de Kildare (Irlande) afin de profiter des centres équestres de la région et de la proximité de l’hippodrome de Curragh. La maison familiale est dirigée par Eddy Bacon sur un modèle militaire. Francis, asthmatique, est allergique aux chiens et aux chevaux, ce qui est perçu comme une faiblesse par son père. Bacon dira plus tard que son initiation sexuelle s’est faite avec des garçons d’écurie.

Bacon avec ses sœurs Ianthe et Winifred, vers 1923
Bacon devant la propriété de « Farmleigh », à Abbeyleix, dans le Comté de Laois, Irlande, vers 1924.

En 1915, un an après le début de la Première Guerre mondiale, la famille de F. Bacon retourne vivre à Londres, au 6 Westbourne Crescent, où Eddy travaille pour l’armée de réserve britannique. En 1918, ses parents emménagent dans la maison de la grand-mère de Bacon, « Farmleigh », près d'Abbeyleix. Le jeune Francis apprécie énormément la compagnie de sa grand-mère. Il aimait particulièrement cette maison, avec ses magnifiques pièces arrondies, qui sont d’après l’artiste à l’origine de tant d’arrière-plans incurvés dans ses compositions picturales. Par la suite, la famille fera de nombreux allers-retours entre l'Irlande et l'Angleterre.

Londres, Berlin et Paris
1926–1929
Bacon à l'hôtel Ritz, Londres, vers 1927
(photographe inconnu)

En 1926, la famille retourne en Irlande, à Straffan Lodge, près de Naas. Bacon quitte la maison familiale pour s’installer à Londres. Avec la pension de trois livres par semaine que lui verse la fiducie constituée par sa mère, Bacon passe les trois années suivantes à « errer » entre Londres, Berlin et Paris.

Au début de l’année 1927, Bacon enchaîne une série de petits boulots à Londres : il travaille comme standardiste au Bath Club, comme domestique et cuisinier au Mecklenburgh Square…

Quelques mois plus tard, dans une ultime tentative pour ramener son fils « dans le droit chemin », Eddy envoie Francis avec un parent à Berlin. Son chaperon va au contraire le séduire puis l'abandonner. Dans ces années-là, Berlin est l'une des destinations les plus exotiques, exaltantes et libérées sexuellement pour les homosexuels. Bacon évoque son expérience berlinoise comme celle d'une grande décadence.

Bacon, conscient de la prééminence de Paris en tant que capitale culturelle et artistique, s’y installe au printemps 1927. Il rencontre Yvonne Bocquentin, qui le prend sous son aile et lui offre une chambre dans sa maison de Chantilly. Elle lui enseigne le français et l'introduit dans la société parisienne. A Paris, il admire pour la première fois le travail de Picasso à l’occasion d’une exposition à la galerie Paul Rosenberg – cette découverte joue le rôle de « catalyseur » dans sa vocation de peintre. Toutefois, lorsqu'il retourne à Londres fin 1929, il emménage dans un ancien garage reconverti au 17 Queensberry Mews West, dans le quartier de South Kensington où il s’établit comme designer de mobilier et de tapis.

Vue sur l'escalier de la Galerie Rosenberg, 1927
(photographe inconnu)
Jessie Lightfoot, vers 1945
(photographe inconnu)

D’après les registres officiels, sa nourrice, Jessie Lightfoot, qu’il considère plus proche de lui que sa propre famille, vit également à cette adresse. C’est probablement durant cette même année que Bacon rencontre Eric Hall, qui deviendra son amant et son mécène pendant plus de vingt ans.

Soho
de la fin des années 1920 à la fin de sa vie

Bacon au Colony Room, 1985
© ITV Studios

Bacon s’installe à Londres au début de l’année 1927. Une série de petits boulots lui permet de découvrir les bas fonds du Soho homosexuel, avec ses codes, ses bars et ses clubs.

John Deakin: Francis Bacon et Muriel Belcher
John Deakin: Timothy Behrens, Lucian Freud, Francis Bacon, Frank Auerbach et Michael Andrews chez Wheeler’s, 1963
(John Deakin Archive/Getty Images)
© The John Deakin Archive / The James Moores Collection

Des années 1950 aux années 1970, Soho et ses habitués sont les témoins de la période la plus exaltante de la vie de Bacon. Le peintre maintient une routine disciplinée, travaillant quasiment tous les jours, en solitaire dans son atelier, des premières heures du jour jusqu'à la mi-journée. Ensuite, il se rend à Soho pour déjeuner, puis poursuit ses après-midi et soirées dans ses clubs et ses bars favoris. Soho devient rapidement sa seconde maison. On l’aperçoit régulièrement au Wheeler’s, son restaurant préféré de fruits de mer, situé sur Old Compton Street. Bacon découvre le Colony Room, un club se trouvant sur Dean Street, peu après son ouverture en 1948. Ce minuscule bar, tenu par la très extravertie Muriel Belcher, offre un lieu convivial aux artistes, leur permettant de consommer de l’alcool pendant les longues heures de l'après-midi, lorsque la loi contraint les pubs à fermer. Muriel devient très vite l’une des amies intimes de Bacon. Ce dernier dépeint ce club comme « un lieu où les gens semblent perdre leur inhibition ». L’artiste est fidèle plus de trente ans durant à ce club peu conventionnel, où il est entouré d’habitués, de son cercle d'amis et de ses compagnons. Les soirées typiques de Bacon à Soho débutaient au Colony Room, pour se poursuivre dans des lieux comme le Gargoyle Club, le French House ou le Charlie Chester’s Casino.

The French House, 2013
© MB Art Collection
Site du Charlie Chester's Casino (aujourd'hui restaurant Bocca di Lupo), 12 Archer Street, Soho, 2013
© MB Art Collection
Création de meubles et de tapis
1929–1932
Roy de Maistre, L’atelier de Francis Bacon à Queensberry Mews, 1930, huile sur toile

Bacon sera très critique envers ses toutes premières créations de mobilier et de tapis, affirmant qu’elles étaient empruntées à divers artistes modernistes français. En réalité, Bacon faisait partie d'un petit nombre de créateurs de mobilier avant-gardistes anglais de cette époque. La géométrie de certains de ses meubles présageait déjà certains éléments significatifs de sa peinture. Son expérience des espaces intérieurs et sa prédilection pour les miroirs, les meubles en acier tubulaire, les rideaux et les pompons transparaissent clairement dans le vocabulaire iconographique de ses peintures. Ses créations de meubles et de miroirs sont principalement influencées par le travail d’Eileen Gray, Charlotte Perriand et Le Corbusier. Un article de la revue The Studio d'août 1930, intitulé « Le style 1930 dans la décoration d’intérieur britannique », salue le caractère étonnamment avant-gardiste de ses créations d’intérieur.

En novembre 1930, il expose ses meubles, ses tapis et ses peintures à Londres, au 17 Queensberry Mews West, conjointement avec les peintures de Roy de Maistre et de Jean Shepeard.

Vers 1931, Bacon abandonne progressivement sa brève carrière de designer d’intérieur pour se consacrer à la peinture.


Carton d’invitation, novembre 1930
« Le style 1930 dans la décoration d’intérieur britannique », The Studio, août 1930
Roy de Maistre, Eric Hall, huile sur toile
17 Queensberry Mews West, Londres, 2011

 

Crucifixion
1933
Francis Bacon, Crucifixion, 1933

Bacon reniera toutes ses peintures réalisées avant 1944. L'une d’entre elles, au moins, est pourtant de qualité indiscutable : la Crucifixion de 1933. Bien qu’il doive beaucoup aux crucifixions de Picasso réalisées à Boisgeloup en 1930, il est incontestable que Bacon parvient dans ce tableau à délimiter son propre territoire avec sa touche picturale monochrome et son univers si troublant. En 1933, Crucifixion est publiée dans la revue Art Now d’Herbert Read. Douglas Cooper, écrivain et marchand d’art vend le tableau par l’intermédiaire de la Mayor Gallery au grand collectionneur Michael Sadler. Cette publication fait naître des attentes légitimes chez le jeune peintre qui ne seront comblées qu'une dizaine d'années plus tard.

On retrouve l’épingle à nourrice de Picasso dans plusieurs tableaux de Bacon de 1949, dont Etude du corps humain, 1949.


Détail des crucifixions de Picasso réalisées dans l’atelier de Boisgeloup, tiré du magazine Minotaure

 

La percée
1944
Francis Bacon, Trois études de figures au pied d’une crucifixion, 1944
E.O. Hoppé: Intérieur du Rez-de-chaussée, 7 Cromwell Place
© The E.O. Hoppé Estate Collection
Plaque commémorative,
7 Cromwell Place

Entre 1936 et 1944, Bacon réalise très peu de toiles. En 1943, il s’installe au rez-de-chaussée du 7 Cromwell Place, dans le quartier londonien de South Kensington, où l’artiste peint Trois études de figures au pied d'une crucifixion, 1944. Il considère cette œuvre majeure comme l’une de ses réalisations les plus importantes. Le premier triptyque de Bacon provoque quelques vagues, tout du moins au sein des connaisseurs d'art londoniens, et préfigure l'œuvre radicale et sans concession d’un artiste en pleine maturité, lorsqu'il est exposé à la Lefèvre Gallery en avril 1945.

Site de la Lefèvre Gallery en 1945, Londres, 2013

 

Thierry Ardisson et Franck Maubert interviewent Francis Bacon dans l’émission Bains de minuit
Date de 1ère diffusion : 9 octobre 1987
Réalisateur : Franck Lords
Producteurs : Thierry Ardisson et Catherine Barma
© Ina

Monaco
de 1946 au début des années 1950
Hôtel Ré, première résidence officielle de Bacon à son arrivée à Monaco en 1946

Bacon a toujours soutenu que Peinture 1946 était un parfait exemple de l’incidence du hasard et de l’accident dans son œuvre, le décrivant comme « l’une des peintures les plus inconscientes que j’aie jamais faites. »

En 1946, après avoir vendu Peinture 1946 à Erica Brausen pour 200 livres sterling, il utilise les gains de cette vente pour s’installer aussitôt à Monaco. En 1948, Erica Brausen devient sa marchande d’art et l’aide à franchir une étape importante dans sa carrière en obtenant l’acquisition de cette toile par Alfred Barr, pour le compte du Museum of Modern Art à New York. C’est le premier tableau de Bacon à entrer dans un musée.

Monaco demeure la résidence principale de Bacon de juillet 1946 jusqu'au début des années 1950. Il y peint, joue au Casino, apprécie les paysages méditerranéens et les bienfaits de l’air marin pour son asthme. Bacon continuera à se rendre en Principauté tout au long de sa vie. Ses années monégasques sont l’une des périodes de sa vie dont il parlait avec le plus grand enthousiasme.

Peinture : Francis Bacon, Peinture 1946
Francis Bacon, Peinture 1946
Carte postale de Monaco, envoyée par Bacon à Denis Wirth Miller en 1963

MB Art Collection

Retrouvez plus d'informations sur la vie monégasque de Bacon en explorant la carte interactive de Monaco.

La Hanover Gallery
1948–1958
Erica Brausen devant La Tauromachie (1953) par Germaine Richier à la Hanover Gallery
Photographe : Ida Kar
© National Portrait Gallery, Londres

Erica Brausen, qui devient la première marchande d'art de Bacon en 1948, lui organise une importante exposition à la Hanover Gallery à Londres en 1949, aux côtés de Robin Ironside.

Catalogue d'exposition à la Hanover Gallery, 1949
MB Art Collection
Peter Lacy, Italie, 1954
Photographe : Francis Bacon

La même année, Bacon achève Tête VI, le plus ancien tableau à avoir survécu de sa série papale, inspirée en grande partie par le Portrait du pape Innocent X de Velázquez et initiée trois ans auparavant à Monaco. L’artiste est rapidement considéré, au sein d'une minorité avertie, comme un peintre britannique majeur de l'avant-garde.

Au début des années 1950, Bacon entame une liaison passionnelle et destructrice avec Peter Lacy, un ancien pilote de la Royal Air Force. Lacy restera pour l’artiste le grand amour de sa vie.

En novembre 1950, Bacon reprend contact avec sa mère, qui vit désormais en Afrique du Sud. Il y séjourne quatre mois pour passer du temps avec elle et ses sœurs. Sur place, il visite le Parc National Kruger, où les mouvements et les comportements des animaux sauvages le fascinent. Les images de cette vie sauvage et de ces paysages ressurgiront plus tard dans son travail. En 1951, de retour d’Afrique du Sud, il s’arrête au Caire où il se délecte d’art égyptien ancien.

Durant les années 1950, Bacon se lance dans un certain nombre de thèmes qui le rendront célèbre, dont sa série de Papes mais également ses Hommes en Bleu, les Têtes d'après William Blake, sa série sur les primates et ses premiers autoportraits. Grâce à la Hanover Gallery, son travail sera exposé en France, en Italie, aux Etats-Unis et, en 1955, l'Institute of Contemporary Arts de Londres lui consacre une première rétrospective.

Francis Bacon, Tête VI, 1949

Les arrière-plans de certaines peintures du début des années 1950, où figurent des bandes de route côtière bordée de palmiers, ont été inspirés par des cartes postales en couleur de Monte-Carlo. En mars 1957, il expose sa série des Van Gogh à la Hanover Gallery à Londres. Cette série, basée sur Le peintre sur la route de Tarascon (1888), de Van Gogh, dévoile une palette plus vive et des coups de pinceaux plus audacieux que ceux qui caractérisaient jusqu'ici son œuvre aux tonalités plutôt sombres.

Francis Bacon dans son atelier du 9 Overstrand Mansions, 1960
Photographe : Cecil Beaton
MB Art Collection
© Copyright Sotheby’s, The Cecil Beaton Studio Archive

 

La Marlborough Fine Art
1958–1992
Frank Lloyd et Francis Bacon pendant le vernissage de l'exposition au Grand Palais (à l’extrême gauche : Jacques Duhamel), le 26 octobre 1971
Marlborough Fine Art, Londres, 2013

A l’approche de la cinquantaine, Bacon semble remettre sa carrière en question. Même s'il connaît un certain succès, il contracte souvent des dettes en raison de ses pertes au jeu. En octobre 1958, il quitte brutalement la Hanover Gallery pour rejoindre la Marlborough Fine Art à Londres, dont les fondateurs, Frank Lloyd et Harry Fischer, lui promettent d'asseoir sa renommée sur le plan international. Ils vont s’y consacrer et la première rétrospective majeure de Bacon aura lieu à la Tate Gallery en mai 1962, grâce à l’entremise de la Marlborough. A la suite de cette exposition, sa réputation internationale ne va cesser de croître.

Gilbert Lloyd, qui avait rejoint la galerie en 1962, prend la tête de la Marlborough Fine Art de Londres à partir de 1972.

Bacon sera représenté par la Marlborough jusqu'à la fin de sa vie.

Francis Bacon et John Edwards, Berlin, février 1986.
Photographe : Gilbert Lloyd, Nassau, Bahamas.
L’atelier de Reece Mews
1961
Bacon dans son atelier, 7 Reece Mews, 1979
MB Art Collection
© Edward Quinn

Après son départ précipité de son atelier du 7 Cromwell Place en 1951 à la suite, avancera-t-il, de la mort de Jessie Lightfoot, Bacon reste sans adresse fixe pendant une dizaine d'années. Il est contraint de travailler dans différents ateliers jusqu'à ce qu’il s’installe, à l’automne 1961, au 7 Reece Mews, qui restera son atelier et son domicile londoniens jusqu’à sa mort. Il dira de cet atelier : « Je savais d'emblée que j'allais pouvoir travailler dans ce lieu ».

L'escalier du 7 Reece Mews
Photographe : Perry Ogden
7 Reece Mews
Photographe : Perry Ogden
George Dyer, 7 Reece Mews, vers 1964
Photographe : John Deakin

7 Reece Mews, 2013

Brian Clarke évoque l'importance pour Bacon de l'atelier du 7 Reece Mews, Bacon’s Arena, 2005
© The Estate of Francis Bacon

La rétrospective de la Tate Gallery à Londres
1962
Francis Bacon, Trois études pour une Crucifixion, 1962
Catalogue d'exposition à la Tate Gallery, 1962

MB Art Collection

Le 24 mai 1962, la Tate Gallery organise une première rétrospective de l'oeuvre de Francis Bacon. L'artiste expose quatre-vingt-onze de ses tableaux. C'est à l’occasion de cette exposition que l'artiste peint Trois études pour une Crucifixion, 1962.

Le jour de l’inauguration de l’exposition, Bacon reçoit un télégramme l'informant du décès de son compagnon, Peter Lacy, survenue la veille à Tanger. Peter Lacy restera pour Bacon le grand amour de sa vie.

Exposition à la Tate Gallery, Londres, 1962
La rétrospective du Grand Palais à Paris
1971

Francophone et fervent francophile, Bacon se passionnait autant pour la culture française en général que pour son rayonnement artistique. Il percevait les français comme les juges ultimes dans quasiment tous les domaines qui l’intéressaient. Sa légendaire rétrospective au Grand Palais, en octobre 1971, est certainement, de toutes ses expositions, celle qui lui a procuré la plus grande satisfaction. Picasso était le seul autre artiste vivant à avoir reçu un tel honneur en 1966. L'exposition est un triomphe mais elle est marquée par un évènement tragique deux jours avant le vernissage : son amant George Dyer est retrouvé mort à l'Hôtel des Saints-Pères, où tous deux séjournaient alors.

Bacon à l'entrée du Grand Palais, 1971
MB Art Collection
© André Morain

En guise de poignant hommage à son amant, Bacon peint trois triptyques en 1971, 1972 et 1973, souvent appelés les « Triptyques noirs ».

Vernissage de l’exposition “Francis Bacon” au Grand Palais, 26 octobre 1971, de gauche à droite : Bernard Anthonioz, Francis Bacon, Gaston Palewski, Jacques Duhamel, Reynold Arnould, Blaise Gautier et Jacques Rigaud
MB Art Collection
© André Morain
Michel Leiris et Isabel Rawsthorne au dîner inaugural de l'exposition au restaurant Le Train Bleu, le 26 octobre 1971
MB Art Collection
© André Morain
John Russell, Denis Wirth Miller et Erica Brausen au dîner inaugural de l'exposition au restaurant Le Train Bleu, le 26 octobre 1971
MB Art Collection
© André Morain
Hôtel des Saints-Pères, Paris, 2013
© MB Art Collection
Francis Bacon, A la mémoire de George Dyer, 1971
La période parisienne
1974–1987
Francis Bacon et Eddy Batache dans l'atelier de Bacon, 14 Rue de Birague, Paris, juillet 1986
MB Art Collection
Francis Bacon en compagnie de Reinhard Hassert et de Denis Wirth Miller, Paris, novembre 1983
MB Art Collection

Dès la fin des années 1920, Bacon devient familier avec la « ville lumière » qu'il apprécie plus que toute autre ville. Les années passées dans la capitale française, où règnent stimulation intellectuelle, liberté sexuelle et savoir-vivre, vont le marquer profondément.

En 1975, il prend un atelier-appartement 14, rue de Birague, dans le quartier historique du Marais et resserre ses liens d’amitié avec Michel Leiris et Jacques Dupin. Sonia Orwell, qui fait partie du cercle d'amis de Bacon depuis les années 1950, l’introduira au sein du « Tout-Paris » des Arts et des Lettres dans les années 1970 et 1980. Il rencontre l’historien de l’art Eddy Batache et le conseiller artistique Reinhard Hassert en 1975, qui resteront parmi ses amis les plus proches et seront ses confidents jusqu'à la fin de sa vie. En janvier 1977, la galerie Claude Bernard expose vingt œuvres récentes de l'artiste. Cette exposition, aujourd’hui légendaire, aura un tel succès que la police devra boucler la rue des Beaux-Arts afin de contenir la foule se dirigeant vers la galerie. Son exposition à la galerie Lelong en septembre 1987 renforcera encore son statut de légende vivante auprès des Parisiens.

Bacon quitte son atelier parisien en 1987, mais il continuera à se rendre régulièrement dans la capitale française jusqu’à la fin de sa vie.

Francis Bacon devant le triptyque intitulé Triptych (1976), Claude Bernard Gallery, Paris 1977
MB Art Collection
Francis Bacon, Galerie Lelong, 1987
MB Art Collection

 

Rétrospective à la Tate Gallery
1985
Bacon en compagnie de Richard Chopping et Denis Wirth Miller, à l'inauguration de la rétrospective à la Tate Gallery, le 21 mai 1985
MB Art Collection
© John Minihan

En mai 1985, Bacon obtient une nouvelle consécration avec une seconde rétrospective à la Tate Gallery. Cent vingt-cinq de ses tableaux y sont exposés. Sa renommée internationale comme plus grand artiste figuratif britannique vivant allait désormais être assurée après cet évènement.

Madrid
fin des années 1940 à 1992
Bar Cock, Madrid, 2013
La table préférée de Bacon au Bar Cock, Madrid, 2013

Bacon se rend pour la première fois à Madrid et visite le musée du Prado à la fin des années 1940. Sa première exposition à Madrid a lieu à la Fundaciòn Juan March en 1978.

Bacon assis sur le mur du musée du Prado, Madrid, 1956
Photographe : Peter Lacy
MB Art Collection
Bacon au musée du Prado lors de la rétrospective de Velázquez, Madrid, 1990
(Photographe inconnu)

En 1987, Bacon entame une relation avec un jeune et bel Espagnol. Il commence dès lors à passer beaucoup de temps en Espagne avec son nouveau compagnon, découvrant le mode de vie espagnol et apprenant même la langue. Le soir, Bacon est un habitué du Bar Cock, un bar de style « seigneurial écossais » fréquenté par des acteurs et des artistes. La Trainera est son restaurant de fruits de mer préféré à Madrid.

Ses nombreux séjours madrilènes inspirent à Bacon un intérêt profond pour la ville des corridas et pour l’artiste qu'il considère comme le plus grand des peintres : Diego Rodríguez de Silva y Velázquez. En 1990, Bacon se rend à Madrid pour y admirer la magnifique exposition Velázquez au musée du Prado.

La Trainera, Madrid, 2013
© MB Art Collection
Son dernier tableau
1992
Le dernier tableau de Bacon, 1992
Photographe : Perry Ogden

La dernière année de sa vie, Bacon est de plus en plus affaibli et peine à respirer en raison de son asthme. En avril 1992, l'artiste se rend à Madrid pour voir son ami José Capelo, malgré l’avis défavorable de son médecin. Peu après son arrivée, il tombe gravement malade. Il est admis à la Clinique Ruber pour une pneumonie agravée par son asthme. Il y succombe d'une crise cardiaque, le 28 avril, à l'âge de 82 ans.

A Londres, sa dernière grande toile, un autoportrait poignant, reste inachevée sur un chevalet dans son atelier de Reece Mews. Lors d’un hommage à l'artiste, Sir Nicholas Serota, directeur de la Tate Gallery, déclare : « Francis Bacon n'était pas seulement le plus grand peintre britannique de sa génération, il était également reconnu mondialement comme l'un des artistes les plus exceptionnels de l'après-guerre ».

Bacon lègue tout son patrimoine, y compris son atelier de Reece Mews, à son compagnon John Edwards. C'est à la demande de ce dernier que Brian Clarke est nommé unique exécuteur testamentaire de La Succession Francis Bacon par la Haute Cour de justice britannique en 1998.

John Edwards
Photographe : Francis Bacon